Cerfs volants blancs


C'est un livre aux multiples voyages que nous propose Jean-Marie Mignon.
 Il y a celui qu'il effectue sur cette terre où la guerre est là au quotidien, en Palestine occupée et la violence qui l'accompagne. Il y a ceux auxquels nous invitent toutes ces rencontres qu'il fait et dont il témoigne avec beaucoup de justesse et d'attention, que ce soit à Jérusalem, Hébron, Naplouse, Ramallah ou encore à Bil'in. Des voyages dans des temps de la vie de chacun de ces hommes et de ces femmes marqués au plus profond d'eux-mêmes et qui lui disent avec des mots si simples la douleur qui les mine mais aussi l'espoir qui les fait vivre.
Il y a celui que l'auteur fait lui-même au cœur de ces rencontres alliant ses propres émotions et la rigueur qui lui importe de mettre sur le fil de l'écriture les mots des autres qui lui sont adressés. Un fil qui, page après page, donne une grande force à la place et à la vie des « cerfs-volants blancs ».

Editeur : Europia Productions, 79 p., 2009
Coll. : Fièvre

3 commentaires:

Stéphane Hessel a dit…

"A Jean-Marie Mignon, avec mes félicitations pour ses Cerfs Volants Blancs et son engagement courageux en Palestine". Amicalement.

(Dédicace de "Indignez-vous !")

Rania Samara a dit…

De prime abord, le texte semble décrire de manière objective le voyage d’observation du « je » initial qui adopte une écriture blanche, volontairement neutre et plate en utilisant le présent actuel, qui n’en est pas moins permanent et éternel, dans des phrases courtes et sans fioritures, mais qui possèdent néanmoins une charge affective indéniable. A fleur de peau et en filigrane sous l’apparente simplicité de la structure, chaque mot, verbe, adverbe ou adjectif éclate de sensibilité et de poésie, véhiculant toute l’émotion retenue de l’auteur, reflétant comme dans un miroir la dignité poignante de ses hôtes palestiniens.

Patrick Graille a dit…

Jean-Marie Mignon offre un éclairage inédit et singulier sur le conflit fratricide le plus ancien du monde entre israéliens et palestiniens. Loin des thèses « pro » ou « contra », du sempiternel « fatum », des lieux communs journalistiques et politiques, des émotions circonstancielles, ce récit de voyage, concis et précis, documenté et poétique, présente une série de regards sans préjugé ni concession sur le quotidien des palestiniens, au sein de territoires saturés d’histoires anciennes et modernes. De Jérusalem, Hébron, Ramallah, Naplouse, ou Bil’in, l’auteur décrit la beauté des paysages, les édifices mythiques, la pesanteur de certaines atmosphères, les furtives et fructueuses rencontres. Finement, il restitue les témoignages de femmes et d’hommes spoliés, tourmentés, humiliés, abattus, comme ces maisons rasées par l’armée israélienne, mais aussi remplis d’espoir, de bonne volonté, luttant, autant que faire se peut, contre la violence et l’arbitraire, les navrantes pantomimes de la communauté internationale. Entre prisons à ciel ouvert et geôles politiques, l’image d’un peuple éprouvé et infortuné, digne et chaleureux, s’esquisse. Tandis que les fraternels cerfs-volants des enfants survolent les terres accaparées et plombées, défiant les murs de séparation et de lamentation, tous les « check points » imaginables. En signe de paix, de liberté et d’égalité à venir.

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